Prolonger la durée de vie de son ballon d’eau chaude sanitaire
Qu’il soit solaire ou classique, quelques précautions permettent d’optimiser la longévité de votre ballon et d’éviter les mauvaises surprises.
Nous nous concentrons ici sur les ballons d’eau chaude sanitaires émaillés, les plus répandus, tout en précisant les particularités des modèles en inox et des ballons combinés à serpentin inox.
Trois éléments clés sont à considérer :
✅ Les accessoires de protection du ballon
✅ Les bonnes pratiques d’utilisation
✅ L’entretien régulier
Et pour ceux équipés d’un adoucisseur d’eau, une attention particulière s’impose !
👉 Découvrez nos conseils détaillés pour préserver votre installation et éviter les pannes inutiles.
Sommaire
1. Les accessoires qui protègent le ballon d'eau chaude
Les raccords diélectriques
Les raccords diélectriques sont composés de laiton et d’acier, séparés par un isolant électrique.
Ils permettent d’éviter un contact direct entre l’acier du ballon et le laiton des raccords, ce qui corroderait la tôle du ballon.
On visse la partie laiton côté réseau et la partie acier côté ballon.
Attention : un raccord diélectrique monté à l’envers ne sert à rien.

Le groupe de sécurité
Un groupe de sécurité est composé d’un clapet anti-retour qui empêche l’eau chaude de remonter l’alimentation d’eau froide.
Une soupape permet à l’eau de s’écouler vers le réseau d’eaux usées pendant la période de chauffe évitant ainsi une montée en pression de l’installation.
Cet élément donne lieu à un geste d’entretien périodique, décrit plus bas.

L'anode
Il peut s’agir d’une anode en magnésium, dite sacrificielle, car il est prévu qu’elle se corrode.
Il peut aussi s’agir d’une anode électronique.
L’anode est inutile sur les ballons inox ainsi que dans la majorité des ballon d’eau chaude hygiénique dont l’échangeur sanitaire est en inox.
L’anode doit être contrôlée périodiquement et remplacée au besoin.

Le vase d’expansion sanitaire
Le vase d’expansion sanitaire permet d’absorber tout ou partie de la dilatation de l’eau du ballon sanitaire durant la chauffe.
On limite ainsi les rejets d’eaux par la soupape du groupe sanitaire.
Le vase d’expansion permet aussi de stabiliser la pression, d’éviter les variations rapides de pression dans le réseau à l’ouverture et à la fermeture des robinets. Il évite ainsi à l’acier du ballon de se fissurer à la longue, par le phénomène de fatigue.

2. Choisir des conditions d’utilisation favorables
Si on les choisit bien, elles peuvent contribuer à prolonger la durée de vie des ballons. Le principal critère est la température de l’eau chaude.
Si le ballon a été correctement dimensionné, on peut fixer une température de consigne ‘raisonnable’.
Au delà de 60°, le calcaire de l’eau tend à précipiter dans le fond du ballon. Il n’est pas rare de collecter quelques seaux de ‘sable’ au fond des ballons électriques réglés trop chauds.
Lorsque le calcaire précipite, l’eau devient beaucoup plus agressive pour l’acier, surtout l’eau chaude.
D’où l’intérêt de limiter la température de chauffe à un maximum de 55°, ce qui de surcroît réduit les pertes thermiques du ballon.
Si l’on ne craint pas les légionelles, on peut réduire cette température à 45°-50°, ce qui suffit à prendre une douche bien chaude ! Sur la légionelle et les risques qu’elle engendre, nous donnons des informations à cette page.
3. L’entretien périodique, pour prolonger la vie du chauffe-eau
Vérifier l’anode
Anodes magnésium : Cela se fait généralement une fois par an, afin de s’assurer qu’il reste suffisamment de magnésium pour éviter l’attaque de la cuve jusqu’au prochain contrôle. Nos conseils sont à cette page. Attention, si vous utilisez de l’eau ne provenant pas d’un réseau public, elle peut être très corrosive : dans ce cas, augmentez la fréquence de contrôle.

Anodes électroniques : il faut vérifier qu’elles n’ont pas rendu l’âme. Généralement un voyant indique leur bon fonctionnement. C’est de l’électronique, pensez à la vérifier en cas d’orage, et environ une fois par mois, par exemple quand on s’occupe du groupe de sécurité.
Le groupe de sécurité
Il est recommandé de faire claquer la soupape du groupe de sécurité à quelques reprises environ une fois par mois. Cela permet d’éliminer le calcaire qui pourrait s’accumuler sur le siège de soupape et créer une fuite permanente.
En période de chauffe, il est normal de voir un goutte à goutte tomber dans le siphon.
Hors des périodes de chauffe, s’il coule des gouttes d’eau, c’est que le siège de soupape est sale ou que la pression du réseau est trop élevée.
Pour nettoyer le siège de soupape, on fait claquer la soupape en tournant son bouton. Juste avant de claquer, l’eau pourra s’échapper par le siphon à fort débit et éclabousser. Prévoyez une serpillière. Lorsque la couche de calcaire est bien formée sur le siège de soupape, on peut être amené à la faire claquer plusieurs dizaines de fois avant de casser cette croûte calcaire, surtout si, comme c’est fréquent, on ne l’a jamais fait.
Entretenir la résistance électrique
L’échauffement de la résistance lors de son fonctionnement crée progressivement un dépôt de tartre sur sa surface. L’échange de chaleur se fait alors moins vite, l’épingle chauffante surchauffe et se déforme. A haute température, elle peut lâcher.
Si la gangue est importante, elle peut entre en contact avec le doigt de gant du thermostat. En se déformant, la résistance peut aussi se rapprocher du doigt de gant du thermostat. Ce dernier détecte alors l’anomalie de température. Ces deux phénomènes causent un fonctionnement discontinu de la résistance et les contacts du thermostat peuvent ‘charbonner’.
Pratiquement, on peut constater cet ‘encrassement’ de plusieurs manières :
- lorsqu’on ouvre le ballon pour vérifier la résistance,
- si l’on constate une série d’enclenchements et de déclenchements du thermostat (un petit bruit quand on est devant, une étincelle dans le noir),
- si l’on constate que l’eau a du mal à chauffer : durant les déclenchements, l’eau ne chauffe pas,
- enfin si la sécurité surchauffe se déclenche,
Il est donc utile de détartrer sa résistance si l’on voit qu’elle se couvre d’une gangue ou qu’elle se déforme.
Périodicité : une fois par an, du moins le temps de vérifier comment la chose évolue.
Les adoucisseurs
Ils suppriment le tartre de l’eau, ce qui n’est pas très bon pour les cuves .
De surcroît, il reste du sel dans l’eau ce qui est mauvais pour les cuves.
Au niveau des résistances, de même que le tartre, le sel peut s’agglomérer et enrober totalement épingle chauffante et thermostat, causant le dysfonctionnement de l’appoint électrique décrit ci-dessus. Probablement l’appareil est mal réglé, mais hormis en ouvrant le ballon, on ne s’en rend pas compte.
Nous déconseillons l’utilisation d’adoucisseur, au moins pour la partie qui nous concerne : le réseau d’eau chaude sanitaire.
Si l’eau est très calcaire et que l’adoucisseur est jugé indispensable il faudra prendre soin de le régler à minima.